Meilleure saison
Automne et hiver
Meilleur moment
Nuit et marée montante, sur le fond
Niveau
Intermédiaire
À propos de l'aiguillat commun
L'aiguillat commun est un petit requin gris ardoise moucheté de blanc que les pêcheurs au posé de la Manche et de l'Atlantique connaissent bien : quand un banc passe, il monopolise tous les appâts du secteur pendant une heure. Longtemps vendu sous le nom de « saumonette », il a payé très cher ce succès commercial : croissance lente, maturité au-delà de quinze ans, gestation de près de deux ans : la surpêche a effondré les populations, et l'espèce est aujourd'hui classée vulnérable avec une interdiction totale de rétention dans les eaux européennes. Le rencontrer reste un beau moment de pêche ; le relâcher vite et bien est désormais la seule issue légale, et ses deux épines dorsales venimeuses imposent une manipulation attentive.
Habitat
Fonds meubles et rocheux de la Manche, de la mer Celtique et du golfe de Gascogne, généralement entre 10 et 200 m, en bancs parfois très denses qui se déplacent le long des côtes. Il se rapproche du bord en automne et en hiver, à portée du surfcasting sur les plages profondes et des pêches au posé en bateau. Les bancs sont souvent constitués d'individus de même sexe et de même taille.
Techniques de pêche pour l'aiguillat commun
- Pêche au posé en bateau (capture à relâcher)
- Surfcasting sur plages profondes
- Palangrotte de fond
- Pêche à la dérive sur les bancs
Conseils d'expert pour pêcher l'aiguillat commun
La remise à l'eau est obligatoire, pas optionnelle : l'aiguillat est sous TAC zéro dans les eaux de l'Union, aucune rétention n'est autorisée, même pour « une saumonette ». Prépare ta pince avant même la première touche si tu pêches un secteur à aiguillats.
Attention aux deux épines dorsales : elles sont venimeuses et l'aiguillat se tord violemment en s'enroulant autour du bras qui le tient. Saisis-le d'une main derrière la tête et de l'autre à la base de la queue, corps plaqué, jamais à bout de bras.
Utilise des hameçons circle et écrase les ardillons : l'aiguillat engame profondément, et un poisson piqué à la commissure se décroche en quelques secondes : c'est ce qui fait la différence entre une remise à l'eau réussie et un poisson condamné.
Si l'hameçon est trop engagé, coupe l'empile au ras de la gueule et relâche : un hameçon en acier s'oxyde et se libère, une manipulation prolongée hors de l'eau tue plus sûrement.
Quand les aiguillats arrivent en banc et saccagent tes appâts destinés à d'autres espèces, change de poste plutôt que d'enchaîner les captures : chaque combat et chaque décrochage abîme des poissons qu'il faudra de toute façon relâcher.
Remets-le à l'eau tête la première, à la verticale si possible : l'aiguillat récupère bien s'il est relâché vite : c'est un des requins les plus résistants à la capture, à condition de ne pas le laisser sécher sur le pont.
Appâts et leurres efficaces pour l'aiguillat commun
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Questions fréquentes sur la pêche à l'aiguillat commun
A-t-on le droit de garder un aiguillat ?
Non. L'aiguillat commun est soumis à un TAC (total admissible de captures) fixé à zéro dans les eaux de l'Union européenne : la rétention est interdite et tout individu capturé doit être relâché immédiatement, en pêche de loisir comme en pêche professionnelle, sauf dérogations très encadrées qui ne concernent pas le plaisancier. Il n'y a donc pas de taille de capture : la conservation est interdite quelle que soit la taille du poisson.
Pourquoi l'aiguillat est-il protégé ?
Parce que sa biologie le rend extrêmement vulnérable à la surpêche : maturité sexuelle très tardive (plus de dix ans), gestation d'environ 22 à 24 mois (l'une des plus longues du monde animal) et portées réduites. Vendu massivement sous le nom de « saumonette », il a vu ses populations du Nord-Est Atlantique s'effondrer, d'où son classement Vulnérable (VU) sur la liste rouge de l'UICN et le TAC zéro européen.
L'aiguillat est-il dangereux à manipuler ?
Oui, modérément : ses deux nageoires dorsales sont précédées chacune d'une épine venimeuse qui provoque une douleur vive et durable, et le poisson se contorsionne brutalement pour piquer ce qui le tient. Sa peau en dents de râpe écorche aussi les mains. Manipulation à deux points de prise (nuque et base de la queue), gants épais, et décrochage rapide à la pince longue.
Comment reconnaître un aiguillat commun ?
Un petit requin élancé, gris ardoise à reflets bruns, flancs semés de petites taches blanches, museau pointu, et surtout une épine bien visible devant chacune des deux nageoires dorsales, et aucune nageoire anale. C'est ce dernier point qui le distingue des émissoles et des roussettes, qui n'ont pas d'épines dorsales et possèdent une nageoire anale, et qui, elles, restent soumises à d'autres règles.
Comment réussir la remise à l'eau d'un aiguillat ?
Vite et sans le suspendre par la queue : ramène-le sans forcer, garde-le dans l'eau ou sur une surface mouillée, décroche à la pince ou coupe l'empile si l'hameçon est profond, puis relâche-le tête la première. Un aiguillat manipulé moins d'une minute a d'excellentes chances de survie ; c'est l'un des arguments qui rendent le TAC zéro efficace si les pêcheurs de loisir jouent le jeu.
