Meilleure saison
Été
Meilleur moment
Plein soleil, en surface au bord des berges
Niveau
Débutant
À propos de la gambusie
La gambusie est l'exemple d'école de la fausse bonne idée : importée d'Amérique du Nord au début du XXᵉ siècle pour dévorer les larves de moustiques, elle a colonisé tout le sud de la France sans jamais faire reculer les moustiques de façon démontrée. En revanche, elle mange les œufs et les des poissons locaux, mord les nageoires des têtards et évince les cyprinodontes méditerranéens. Sept centimètres à peine pour la femelle, la moitié pour le mâle, une nageoire anale transformée en organe copulateur, des portées de petits déjà formés (elle est vivipare) et une capacité à survivre dans une flaque tiède où plus rien ne tient. Ce n'est pas un poisson qu'on pêche, c'est un poisson qu'on identifie et qu'on ne déplace jamais.
Habitat
Canaux, roubines, lagunes saumâtres, fossés d'irrigation et mares du sud de la France, en particulier en Camargue, dans le Languedoc et sur la côte varoise. Elle occupe les tout premiers centimètres d'eau, en surface, souvent en bancs lâches au ras des berges exposées au soleil. Elle supporte des températures dépassant 35 °C, des eaux saumâtres, désoxygénées et polluées, autant de milieux dont elle exclut les poissons indigènes qui ne les tolèrent pas. On la trouve aussi remontée en Rhône-Alpes et dans les bassins d'agrément un peu partout dans le pays.
Techniques de pêche pour la gambusie
- Pêche à l'épuisette dans les bordures (capture d'observation)
- Observation à vue depuis la berge
- Inventaire piscicole et suivi des milieux
- Capture de régulation dans les bassins et mares privés
Conseils d'expert pour pêcher la gambusie
Aucune taille légale ne s'applique à la gambusie, mais une interdiction, oui : il est interdit de la remettre à l'eau vivante et de la transporter vivante (art. L432-10 du code de l'environnement). C'est le piège classique du pêcheur qui vide son seau de vifs dans un autre plan d'eau.
Ne l'utilise pas comme vif : outre l'interdiction de transport vivant, c'est exactement le vecteur par lequel elle a colonisé des bassins entiers du sud de la France depuis les années 1920.
Regarde la nageoire anale pour sexer et identifier : le mâle porte un gonopode, une nageoire anale allongée en tige, qui ne trompe pas. La femelle, plus grosse, montre souvent une tache sombre à l'arrière du ventre quand elle est gravide.
Ne la confonds pas avec les cyprinodontes indigènes : le cyprinodon (Aphanius fasciatus) et le fondule ont des barres verticales bien marquées et vivent dans les mêmes lagunes : ce sont eux, les espèces à protéger, et ce sont eux que la gambusie remplace.
Si tu en trouves dans un bassin de jardin, ne les relâche nulle part ailleurs : la seule gestion correcte est de les retirer et de ne pas les diffuser. Signaler la population à la fédération de pêche départementale a plus d'effet qu'une pêche de régulation à l'épuisette.
Ne compte pas sur elle contre les moustiques : les études de terrain n'ont jamais confirmé son efficacité en France, alors que ses effets sur les alevins et les amphibiens, eux, sont documentés.
Appâts et leurres efficaces pour la gambusie
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Questions fréquentes sur la pêche à la gambusie
Quelle est la taille légale de la gambusie ?
Aucune taille minimale ne s'applique à la gambusie : elle n'est pas visée par les tailles de capture du code de l'environnement et n'est pas une espèce de pêche. Ce qui la concerne réglementairement, c'est son statut d'espèce exotique envahissante : sa remise à l'eau vivante et son transport vivant sont interdits par l'article L432-10 du code de l'environnement.
Peut-on remettre une gambusie à l'eau ?
Non, pas vivante. Comme les autres espèces exotiques envahissantes, la gambusie ne peut être ni relâchée vivante dans le milieu, ni transportée vivante. Concrètement, une gambusie capturée doit être retirée du milieu. C'est aussi vrai dans un bassin de jardin : le déplacer vers un autre plan d'eau, même « pour lui donner une chance », est précisément le geste qui a répandu l'espèce.
Pourquoi la gambusie a-t-elle été introduite en France ?
Pour la lutte contre le paludisme et les moustiques. Originaire du sud-est des États-Unis, elle a été importée en Europe dans les années 1920 et déversée massivement dans les zones humides méditerranéennes, notamment en Camargue, parce qu'elle consomme des larves de moustiques. L'efficacité de cette démoustication biologique n'a jamais été démontrée sur le terrain français, alors que ses impacts sur la faune locale, eux, sont bien établis.
Comment reconnaître une gambusie ?
Petit poisson trapu de 3 à 7 cm, gris argenté sans marques nettes, avec une bouche orientée vers le haut adaptée à la prise de proies en surface, et une seule nageoire dorsale reculée. Le mâle, deux fois plus petit que la femelle, porte un gonopode : sa nageoire anale est transformée en une tige pointue. Les femelles gravides montrent une tache sombre en arrière du ventre.
Quels dégâts la gambusie cause-t-elle ?
Elle consomme œufs et alevins des poissons indigènes, mordille les nageoires et les branchies des têtards d'amphibiens, et concurrence directement les cyprinodontes méditerranéens comme l'Aphanius de Corse et le cyprinodon. Sa tolérance extrême aux eaux chaudes, saumâtres et pauvres en oxygène lui permet de s'installer dans des milieux refuges où ces espèces rares trouvaient auparavant un abri contre la concurrence.
